« Je me sens en sécurité là-bas » : une française en Asie pendant le COVID-19

Une jeune diplômée en sciences et politiques internationales, Mlle Andréa Puech, nous raconte comment Singapour gère le coronavirus et comment elle se sent en tant que Française là-bas. Elle est en stage dans un journal international The Economist à Singapour depuis six mois, et s’y trouve toujours.

 » J’ai vraiment commencé à ressentir les effets du covid-19 vers le 20 Janvier. Tous les jours quand j’allais au travail, on prenait ma température à chaque fois que j’entrais dans mon bâtiment, des masques et du gel antibactérien nous étaient fournis par The Economist. La pénurie de masques et de gel a duré un mois. Néanmoins, le manque ne s’est pas fait ressentir, car mon travail compensait en nous en fournissant. Très rapidement, Singapour a décidé de mettre en place des caméras thermiques pour prendre la température des citoyens et ainsi pour remplacer les personnes qui le faisaient manuellement, c’était un travail dangereux pour leur santé. Le nettoyage des buildings était aussi renforcé.

Lors du passage en alerte orange le 7 Février, quelques compagnies ont passé leurs employés en télé-travail. Personnellement, cela n’a duré qu’une semaine—après ça, chacun était libre de travailler de chez lui ou au bureau. Singapour nous disait que le port du masque était inutile, par exemple, 20% des voyageurs du métro local en portaient en heure de pointe. C’était mon cas car j’étais enrhumée. Néanmoins, j’avais une appréhension par rapport au regard des gens. Je pensais que les autres me regarderaient de travers, ou encore qu’ils me traiteraient comme une pestiférée. Mais une fois de plus, leur réaction ne fut pas celle-là. Pour les Asiatiques, quiconque porte un masque est respectueux des autres ; ils ont ainsi moins de craintes à se mettre à côté de cette personne. J’étais agréablement surprise. Par la suite, j’ai arrêté de porter le masque (à part dans certaines circonstances) car une majeure partie de la population n’en porte plus, et le gouvernement Singapourien ne l’exige pas—le port du masque est rendu pénible par la chaleur et l’humidité.

Dit comme ça, vous pourriez croire que la République de Singapour ne protège pas bien ses citoyens. Je peux vous assurer que ce n’est pas le cas : Singapour est économiquement puissant, technologiquement avancé et médicalement exceptionnel, la ville Etat a donc mis en place une application sur vos téléphones et selon les trajets que vous prenez, vous signale si vous avez rencontré une personne contaminée. De même, le gouvernement donne aux familles singapouriennes des masques et gels antibactériens gratuitement, ainsi que de l’argent aux entreprises afin de compenser les pertes financières. Les soins sont gratuits pour toutes les Singapouriens ayant le moindre symptôme.

La population est une population très obéissante, par exemple le Premier ministre fait des recommandations pour diminuer la propagation du virus et tous les Singapouriens appliquent ses conseils. C’est un peuple très docile et très respectueux. Si une personne ne respecte pas le confinement après être revenue d’une zone à risque, elle peut être expulsée du territoire et ne plus jamais avoir le droit d’y revenir.

Deux mois sont passés: bilan, 300 cas et zéro mort. Je croyais enfin que Singapour était débarrassé de ce virus après avoir si bien géré la crise. C’est pour cette raison que l’annulation de beaucoup de vols entre Singapour et la France ne me dérangeait pas tant : j’avais plus de chance de l’attraper en France.

Jusqu’au jour où les Singapouriens (beaucoup d’étudiants) qui ont été rapatriés ont malheureusement ramené le covid-19 dans le pays. C’était la seconde vague et un confinement graduel a été annoncé vers le 20 mars. D’abord, fermeture des bars, boites de nuit et cinémas, et interdictions de se réunir à plus de dix. Ensuite, a été annoncé le confinement et donc la fermeture des écoles et de tous les commerces, à l’exception de ceux de grande nécessité. En réalité, je ne peux pas dire que c’est un confinement comme en France car ici nous ne sommes pas limités sur le temps que nous passons dehors—le gouvernement attend juste de nous une responsabilité civique. Ce que je retiendrai de cette situation épique en Asie, est que les citoyens Singapouriens ont une façon différente de penser et d’agir ; ils restent efficaces. Pour être franche je me sens très en sécurité ici et je pense que toute personne se sentirait en sécurité également. « 

Ce témoignage, recueilli le 11 avril dernier, nous apporte un regard et un vécu de l’intérieur sur la situation actuelle dans un pays plutôt mal connu en France.

Eva

Image d’en-tête : skyline de Singapour par OnGreenerGrass sur Pixabay. Licence Pixabay

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.