Par ma fenêtre : billet d’humeur

Je reconnais faire partie de ces privilégiés, vivant dans un endroit où le confinement n’est pas le plus désagréable. En effet, j’habite sur les hauteurs de la vallée de la Siagne et quand j’ouvre ma fenêtre, le paysage est l’un des plus magnifiques de la région.

Alors, j’observe et j’écoute… 

J’ai pris cette habitude de regarder par ma fenêtre et de prendre le temps, d’admirer, de sentir, d’écouter. 

J’observe le ciel… ciel immaculé car il n’y a plus de longues trainées blanches laissées par les avions. Ces gros oiseaux d’Air France ou d’autres compagnies ont été remplacés par des plus petits, plus discrets et moins polluants. La nature a finalement repris ses droits, et c’est un ballet de mille espèces qui s’agite autour de moi. Les oiseaux de proie ont fait leur retour: faucons, aigles, buses sont tous là à guetter un pauvre campagnol. 

Coucous, tourterelles, hirondelles chantent et sifflent à tue-tête et même cinq perruches viennent se poser sur le palmier Phoenix de mon voisin. Cela ressemble à un confinement sous les tropiques. 

Le chant des oiseaux est fort agréable mais un autre bruit celui-là bien humain vient perturber ce tableau idyllique et malheureusement ce ne sont pas les percussions caribéennes.

 Je me demande, parfois, si je ne vis pas finalement à côté d’un Bricorama, Castorama  ou autre magasin de brico/ jardinerie car maintenant c’est la valse des tondeuses, rotofils, tronçonneuses et autre « coupe nature ». On n’entend plus le chant des oiseaux!!! 

Une fois cette danse terminée, l’orchestre reprend de plus belle car maintenant il faut nettoyer! 

Et c’est donc l’arrivée des karshers en cacophonie! 

Dernier tableau: les scies sauteuses arrivent accompagnées des perceuses, des décapeuses, et des disqueuses, certaines à capella, d’autres à l’unisson. Tout cela mené par les mains de maîtres, tels des chefs d’orchestre, de mes voisins. 

La journée s’achève, le soleil se cache derrière les collines pour ne laisser apparaître que de magnifiques couleurs rougeoyantes. 

Le calme est revenu… Les oiseaux se couchent, la faune nocturne se réveille en silence… et puis…. il est 20h00….

La France n’est pas encore devant le JT mais bien dehors: casseroles, bassines, cuillères en bois, trompettes, klaxons, vuvuzelas, à l’unisson, tel un rappel, un bis d’une fin de journée où l’on veut encore faire du bruit. 

Mais ce bruit-là, il est précieux… C’est celui que l’on offre à nos soignants tous les soirs pour les remercier de leur courage. Et puis… Le calme revient encore, cette fois-ci pour la nuit. Les terrasses et jardins se vident. 

Je referme ma fenêtre mais, juste avant de bien tourner la poignée, j’entends une dernière petite voix venant du fond de la vallée nous disant à tous : « A demain ! »

Calliste

Image d’en-tête par Engin Akyurt sur Pixabay 

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