Le libra : la monnaie qui fait trembler tous les pays

Facebook a annoncé qu’il allait lancer une nouvelle monnaie virtuelle : le Libra. Cette monnaie ne concernera pas que Facebook, mais aussi Instagram et WhatsApp, qui sont des sociétés appartenant à Facebook et qui sont majoritairement utilisées par nous, collégiens. Lisez cet article pour comprendre comment le Libra fait débat et comment il peut changer nos vies.

1° Pourquoi Facebook crée-t-il une monnaie virtuelle ?

Pour rendre le monde meilleur, selon eux. Mais ce n’est que le discours officiel. Facebook est l’entreprise qui est à l’initiative de cette monnaie mais c’est la Libra Association qui va la coordonner. 

Allons gratter le vernis. Si on achète des Libras, on ne pourra les consommer qu’à l’intérieur de Facebook, donc le client reste captif et ne peut pas dépenser son argent ailleurs, ce qui fera augmenter les bénéfices de Facebook.

2° Est-ce que cela sera une vraie monnaie ?

Les cryptomonnaies sont entièrement virtuelles.

Le Libra sera, à priori, une monnaie en partie seulement. Elle couvrira ⅔ des fonctions d’une monnaie. La première fonction d’une monnaie est l’unité de valeur, c’est ce qui permet de convertir toutes les unités de monnaies en une seule. La deuxième est la valeur de transaction : c’est-à-dire que l’on dépense cet argent pour obtenir quelque chose. La troisième fonction, qui est non-garantie, est un pouvoir d’achat constant. 

Prenons comme exemple le bitcoin, une autre monnaie numérique : la valeur du bitcoin peut varier chaque jour : une super paire de baskets pourrait coûter du jour au lendemain le prix de deux baguettes de pain ! A ce que dit la Libra Association, la monnaie devrait être stable, car elle a prévu une réserve en yens, euros, dollars et livres sterling.

3° Comment cela marchera ?

La blockchain est une technologie destinée à stocker ou transmettre des informations de façon cryptée.

Nous allons prendre un exemple. Imaginons que tu as un compte sur Facebook, et que tu achètes 500 Libras sur l’application Calibra avec des euros. Tu vas voir le Marketplace de Facebook, et tu vois qu’une certaine Laura_45 vend un sac à dos à 100 libras. Tu décides de l’acheter et tu contactes le vendeur par Messenger. L’affaire est conclue. Des lignes de code crypté (blockchain) vont envoyer la transaction à une société de la Libra Association qui deviendra le leader et vérifier s’il s’agit bien de toi. Elle envoie les lignes aux autres sociétés et chacune vérifie s’il s’agit bien de toi. Elles envoient toutes leurs résultats et si au moins ⅔ des sociétés sont d’accord, la transaction est validée. Tu es donc inscrit dans le registre partagé de toutes les sociétés. Ton compte est débité de 100,02 libras (0.02 libras vont dans les caisses de la Libra Association) et celui de Laura_45 est crédité de 100 libras.

4° Y aura-t-il des risques à l’utiliser ?

Avec la Libra, Facebook étendra encore son influence internationale.

Oui, celui de se faire pirater son portefeuille ou de perdre son argent si la Libra est instable. Mais pas que ! Aussi celui de partager plus d’informations personnelles. Facebook, en comptant Instagram et WhatsApp, compte près de 4 milliards d’utilisateurs. Donc, il a accès à nos discussions WhatsApp, à nos souvenirs de vacances, aux posts qui nous plaisent… Toutes ces données sont utilisées par Facebook dans un objectif particulier : elles sont vendues à d’autres entreprises pour faire de la publicité ciblée. Comme quoi la formule popularisée par Bruce Willis “Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit !” n’est pas complètement fausse ! Heureusement, les États prennent conscience de la situation et font voter des lois sur la protection des données des utilisateurs. Or, une grosse portion de l’économie de Facebook est basée sur ces publicités. Maintenant que Facebook doit informer l’utilisateur de l’exploitation de ses données, le réseau social est contraint de trouver une nouvelle source de revenus. Il aura accès aux historiques d’achats et pourrait asphyxier la concurrence. De quoi gagner un sacré paquet d’argent !  Facebook se défend : “Nous ne partagerons pas vos données financières pour du ciblage publicitaire sur Facebook”. Mais les promesses n’engagent que ceux qui les croient ! “Un jour, il [Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook] ne pourra plus résister et pourrait même changer ses conditions d’utilisation pour se donner accès aux historiques d’achats” craint Nicolas Houy, chercheur en économie au CNRS et au Groupe d’Analyse et de Théorie Economique (GATE) Lyon-Saint-Etienne.

Magda, avec l’aimable relecture de C. Toro-Luca, professeure de SES

Sources :

Sources des images :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.