La sécheresse à Cape Town : un long débat…

Depuis trois ans, la ville de Cape Town en Afrique du Sud souffre d’une forte sécheresse qui pourrait s’aggraver ou peut être s’améliorer…

La sécheresse est due à une consommation d’eau trop importante par les habitants, mais aussi au manque de pluie. Le tout est difficile à rattraper… Au cours du mois de juillet 2018, il y a eu de grosses intempéries qui ont renfloué les réserves d’eau (celles-ci sont en effet passées de 23% à 57%).

cape town secheresse
Sol craquelé, caractéristique de la sécheresse – Photo Office international de l’Eau – CC BY

Le « day zero »

Après trois années consécutives de sécheresse, Cape Town, deuxième plus grande ville d’Afrique du Sud, s’apprête à vivre une situation inédite pour une mégapole des temps modernes : l’eau pourrait ne plus couler aux robinets. On appelle ce jour le “Day Zero” (“Jour Zéro”). Le jour zéro avait premièrement été annoncé pour le mois d’Avril, avant d’être décalé en raison d’intempéries au mois de juillet. L’eau courante n’arriverait plus dans les maisons, sauf les hôpitaux et celles du centre-ville.

Les réserves d’eau sont tombées à 27% pendant ces dernières années, ce qui est très inquiétant pour la ville touristique qui pourrait bien devenir la première grande ville du monde à manquer complètement d’eau courante.

Les recommandations pour limiter la consommation d’eau individuelle

Pendant la plus dure période de la sécheresse, la municipalité de Cape Town avait donné des recommandations aux habitants. En voici quelques-unes :

  • Acheter de l’eau en bouteille pour boire.
  • Utiliser des lingettes pour bébé ou un désinfectant pour les mains et non pas de l’eau pour se laver les mains.
  • Tirer la chasse d’eau le moins souvent possible (une chasse d’eau utilise entre 6 et 14 litres)
  • Utiliser un gobelet ou un verre pour se rincer les dents après le brossage pour éviter de laisser le robinet couler.
  • Eviter les bains
  • Prendre plutôt une douche de maximum 2 minutes.
  • Fermer le robinet d’eau quand on se savonne.
  • Espacer autant que possible les shampoings classiques (les shampoings secs ou les poudres pour bébé aident à garder ses cheveux propres plus longtemps).
  • Utiliser les serviettes de toilette plus longtemps au lieu d’en demander de nouvelles quotidiennement.
  • Ne pas faire de lessives inutiles.
  • Porter des tissus respirants et naturels tels que le coton (pour minimiser la transpiration).
  • Prendre le moins de douches possible.

Chaque maison a une limite de consommation d’eau. La municipalité de Cape Town a décidé que chaque personne serait limitée à 50 litres d’eau par jour, sans quoi, ils devront payer un supplément (la municipalité de Cape Town avait mis des compteurs sur les maisons pour vérifier le nombre de litres consommés).

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La ville de Cape Town manque cruellement d’eau – Photo RobertoSitzia – CC0

Témoignage

Maéline Van Cutsem, 13 ans, fille d’expatriés français à Cape Town, nous fait part de son résumé de ces 3 dernières années:

“Il y a quelque temps en Afrique du Sud à Cape Town, nous avions une sécheresse de niveau 5. C’est-à-dire que nos réserves d’eau étaient très basses (environ 13% je crois). Le gouvernement a instauré un plan d’économie de l’eau (installation de compteurs spécifiques dans les maisons, douches rapides, distribution de tracts d’information à la population…). Aussi, il y avait une limite de consommation pour chaque personne vivant à Cape Town et si cette limite était dépassée, nous devions payer une amende.

Mais notre ville a fait de grands efforts et le niveau d’eau des barrages a beaucoup augmenté et nous croyons même qu’il pourrait ne pas y avoir de “day zero” finalement.”

L’intervention du capitaine Nick Sloane

Nick Sloane est le fondateur de l’entreprise Sloane Marine LTD, et il est un grand renfloueur de bateaux, connu pour son exploit avec le paquebot Costa Concordia, navire long de 300 mètres et haut comme un immeuble de 11 étages. Nick Sloane propose d’aller “pêcher” un iceberg, et de le remorquer pour en récupérer l’eau douce et fraîche. Il aimerait ramener des icebergs tabulaires, entre 850 et 1000 mètres de long, environ 500 mètres de large et 220 mètres de profondeur.

En pratique :

Nick Sloane identifierait l’iceberg idéal depuis le ciel, grâce aux drones et aux images satellitaires. Puis, il serait emballé grâce à un tissu isolant avant d’être remorqué vers la baie de Sainte-Hélène, à 150 kilomètres au nord de Cape Town, car le courant de la mer de cette dernière est trop chaud pour y mettre un iceberg. Nick Sloane dit que l’endroit est idéal car il maintiendra la température de l’iceberg à environ 12°C. Il sera mis dans un ancien lit de rivière. Ainsi, Nick Sloane fournirait entre 20% et 30% des besoins annuels en eau du Cap. Cela durerait un an.

L’eau, après avoir fondu, coulera directement dans une immense soucoupe construite à cet effet, tandis qu’une machine pilera la glace. Ainsi, chaque jour, 150 millions de litres d’eau seront transportés sur 150 kilomètres par bateaux-citernes, jusqu’à Cape Town.

Le coût du projet serait approximativement de 160000$, soit, 142400€.

Nick Sloane est accompagné dans sa tâche par le Français Georges Mougin qui lui aussi est intéressé par le remorquage d’icebergs.

Conséquences écologiques de la pêche aux icebergs :

Bien que l’idée de Nick Sloane soit très ingénieuse le transport d’icebergs génère une forte pollution : il faudra premièrement un grand bateau pour aller chercher l’iceberg puis de nombreux petits bateau remorqueurs pour faire entrer l’iceberg dans le port. Il y a d’abord la consommation et l’émission de gaz du bateau qui va chercher et ramener l’iceberg puis la réfrigération de l’iceberg.

 

La fin de la menace du Day Zero ?

Au mois de juillet 2018, de fortes pluies sont tombées, ce qui annule toute la menace du day zero pour la fin 2018. On ne peut pas encore prédire si la menace du day zero reviendra en 2019…

Callista, Jeanne, Hugo

cape town graph
Graphique illustrant la quantité totale d’eau stockée dans les six plus grands barrages à l’ouest du Cap du 30 juin 2013 au 15 janvier 2018. Le graphique illustre la baisse des niveaux de stockage de l’eau au cours de la crise de l’eau à Cape Town. Données obtenues du Groupe d’analyse des systèmes climatiques (SAGP) – Image Discott – CC BY SA

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